Phobos-Grunt

Le challenge de la sonde russe Phobos-Grunt était de taille : aller se poser sur Phobos, petit satellite martien de moins de 30 km, prélever des échantillons de sol et les renvoyer sur Terre… Malheureusement, elle a été stoppée dans sa course.

L'agence spatiale russe (Roscosmos) avait retenu la mission Phobos-Grunt comme première priorité de son programme scientifique spatial afin d'explorer Phobos, l’une des deux lunes de la planète Mars. La sonde était un démonstrateur technologique conçu pour tester la possibilité d'atterrir et de décoller de Phobos, mais aussi de ramener un échantillon sur Terre. Elle a été lancée le 8 novembre 2011 par une fusée russe Zenit-Fregat, et a terminé sa mission prématurément deux mois plus tard, n’ayant pas pu être injectée sur son orbite martienne.

Phobos-Grunt aurait dû réaliser des observations à la surface de Phobos durant une année, puis renvoyer 200 g de roches et de poussière sur Terre pour des analyses plus fines. Les scientifiques comptaient beaucoup sur cette collecte de roches ; ils espéraient grâce à elle découvrir l’origine de Phobos, savoir d’où venait cette lune (s’il s’agissait d’un astéroïde capturé par Mars par exemple), et améliorer leur connaissance de l’environnement martien.

 Phobos-Grunt emportait avec lui 50 kg de matériel dont plusieurs instruments français. Le GSMA de l'Université de Reims avait contribué à la réalisation du spectromètre laser. L'IAS avait fourni les caméras et le microscope visible, mais aussi le microscope infrarouge avec la participation du LESIA et de l’IKI. Le LATMOS avait contribué à la réalisation du chromatographe en phase gazeuse, du spectromètre à occultation solaire et du senseur à ions. Le CNES a assuré, pour le compte des partenaires nationaux (laboratoires), la maîtrise d'ouvrage de la contribution instrumentale française à Phobos-Grunt.